
LETTRE OUVERTE
Sauvons l'œuvre de Charles Gianferrari
A
l'attention de Madame la Maire de Paris, de Monsieur le Maire du 18ème arrondissement, et de Paris Métropole Aménagement
Nous, artistes, historiens, architectes et amoureux de Paris, nous unissons aujourd'hui pour lancer un cri d'alarme.
Il y a des lieux qui ne ressemblent à rien d’autre. Des lieux qui, sans qu’on sache toujours bien l’expliquer, deviennent le cœur battant d’un quartier.
La mosaïque de Charles Gianferrari (1921-2010), rue Jean-Cottin dans le 18e arrondissement, est l’un de ces lieux.
Depuis 1987, cet ensemble indissociable — pavage au sol, sculpture mosaïque en terre cuite et émaux — transforme la rue Jean-Cottin en espace de vie. Charles Gianferrari l’avait voulu ainsi.
À une époque où l’on bétonnait à tout va, cet artiste visionnaire avait intégré à son œuvre que nous défendons des bancs mosaïque, planté des cerisiers, ramené la nature au cœur de la ville. Ce que l’urbanisme contemporain s’efforce aujourd’hui de recréer, espaces verts, lien social, nature en ville, lieux à hauteur d’homme, il l’avait déjà réalisé, il y a quarante ans, rue Jean-Cottin.
Car Charles Gianferrari n’est pas un artiste ordinaire. Diplômé des Beaux-Arts, cofondateur du collectif L’Œuf Centre d’Études, collaborateur de grands architectes comme Roger Anger, Maurice Novarina ou Olivier-Clément Cacoub, il a consacré sa vie à marier l’art et la ville. Sa mosaïque de l’Hôtel de Ville de Grenoble est classée monument historique depuis 2023. Ses œuvres ornent des façades, des halls, des patios dans toute la France et jusqu’en Inde, à Auroville.
Depuis quarante ans, les habitants du quartier la Zac Evangile se sont approprié cet espace. On s’y retrouve, on s’y assoit, on s’y arrête. Les enfants y jouent, les anciens s’y reposent, les voisins s’y croisent. Pour ce quartier populaire de la Chapelle, elle est bien plus qu’une œuvre d’art : elle est leur place de village, leur lien entre générations.
UNE OEUVRE MENACÉE
Aujourd’hui, cette œuvre est menacée de démolition imminente.
Le projet d’aménagement de la ZAC Chapelle-Charbon a déjà commencé sur le terrain et prévoit son effacement pur et simple. Ce qui nous préoccupe profondément, c’est la manière dont cette décision s’est construite. Les justifications à la destruction ont évolué dans le temps : d’abord présentée comme une contrainte technique, sans étayage précis, la démolition est aujourd’hui justifiée par une vision d’urbanisme.
Il a notamment été avancé que la rue Jean-Cottin devait constituer une voie pompier, ce qui rendrait la conservation la mosaïque impossible.
Or les documents du projet indique que la voie pompier longera en réalité les immeubles et ne passera pas par la rue Jean-Cottin. Celle-ci est au contraire destinée à devenir une voie dédiée aux circulations douces, où il n'est pas prévu que des voitures circulent (voir le permis de construire, voir documentation du projet).
En bref, rien a été fait pour tenter de la sauvegarder !
Face aux demandes répétées de préservation, la Ville de Paris n'a proposé qu'une seule contrepartie présentée comme une démarche éco-responsable : démonter l'œuvre, confier les fragments à un collectif d'artiste pour en créer une nouvelle.
Le 28 janvier 2025, la Commission du Vieux Paris a pourtant estimée que cette œuvre devrait être conservée et pouvait prétendre à une inscription au titre des Monuments Historiques (voir résolution)
NOTRE PROPOSITION
Nous proposons une solution concrète et réalisable : créer des ouvertures de part et d'autre de la mosaïque rendues possibles par la modularité même de l'œuvre (voir proposition).
Cette solution préserve l'intégrité de l'œuvre tout en répondant pleinement aux impératifs de circulation douce et d'accès au futur logements (voir document) qui longent le parc et au parc lui-même (il est prévu 6 autres accès - voir document).
Elle existe. Elle a été proposée à plusieurs reprises.
Elle n'a reçu, à ce jour, aucune réponse sérieuse.
NOTRE DEMANDE
Nous ne nous opposons pas à la transformation du quartier. Mais elle ne peut pas se faire en effaçant ce qui fait son histoire et son identité.
Depuis près de 40 ans, la mosaïque de Charles Gianferrari fait partie de la vie du 18e arrondissement. Elle appartient à ses habitants, à leur mémoire, à leur quotidien.
C'est pourquoi nous demandons clairement que tout soit fait pour préserver cette œuvre, et que cesse le mépris qui l'a trop longtemps entourée.
L'ESPRIT DU LIEU
Une composition de matière pensée pour évoluer avec les saisons et la lumière.
LOCALISATION DE L'OEUVRE
POURQUOI CETTE OEUVRE EST UNIQUE ?
1
Une Oeuvre Monumentale, Totale et Indivisible.
Le calepinage au sol, les bancs-jardinières, la sculpture ne font qu'un.
Ils composent un paysage sculpté unique, qui ne peut être fragmenté sans perdre son sens.
2
Une Oeuvre Sociale, ancrée dans la vie du quartier
Pensée pour l'usager, l'œuvre accompagne la vie du quartier depuis plus de 40 ans.
Les personnes âgées s'y reposent, les enfants y jouent, les habitants s'y rencontrent...
Quelques exemples peuvent illustrer cette vie : la bonne tambouille, brocantes ou démonstrations de capoeira Des photos de ces moments sont visibles dans la galerie ci-dessus.
3
Une alliance visionnaire entre Art & Nature
Dès sa conception, le projet intègre une allée de cerisiers.
Lors de la floraison ils magnifient l'œuvre et en accompagnent la lecture.
4
Ne pas répéter les Erreurs du passé
Une partie de l'œuvre a déjà été détruite aux alentours de 2010, remplacée par du goudron.
Ce qui subsiste aujourd'hui relève d'un patrimoine encore trop souvent négligé.
REVUE DE PRESSE
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